Le sourire de Mao

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La Belgique a implosé dans des circonstances inconnues et sur le flanc sud de ses cendres un nouvel état a vu le jour : la République Démocratique de Wallonie. Micro-état nationaliste et fascisant, enfoncé dans un marasme économique qui n’augure rien de bon. Le Président Delcominette en est le dirigeant incontesté. Cet individu aux mœurs et à la morale légère a choisi d’inaugurer un nouveau musée « L’espace espoir » dont la pièce maîtresse est la dépouille de Mao, achetée à la Chine.

Dans la haie d’honneur qui compose le parterre des militants acquis à la cause du président se trouve Ludmilla. Cette jeune fille pleine d’énergie est membre des Fauves de Hesbaye, milice paramilitaire qui fait la fierté du président puisqu’il en dit lui-même qu’après tout « les dindes de Hesbaye, c’est quand même plus sexy que le bataillon des commandos de Flawinne ».

Tout va basculer pour Ludmilla lorsque sa cheftaine va provoquer un jeune garçon réfractaire à l’idéologie dominante et que celui-ci va riposter, blessant par erreur Ludmilla. Pour ce crime, Antoine écopera de trois mois de rééducation en camp d’internement. À sa sortie, il croise régulièrement la jeune fille et cherche à recevoir son pardon, sans grande réussite. Mais un jour, Ludmilla accepte de lui parler, mieux il semblerait même que ce soit les prémices d’une relation plus intime. Mais dans un état paranoïaque, sans cesse entrain de traquer des prétendus opposants, peut-on vraiment faire confiance à ceux qui nous entourent ?

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Le sourire de Mao est une très bonne surprise qui confirme, si besoin en était, la qualité des productions de Futuropolis. Le tour de force des auteurs est de nous plonger dans une atmosphère surannée et bon enfant. L’espace d’un instant, on se demande même s’ils ne vont pas nous conter l’histoire de scoutes cathos des années 60’ dont l’une arbore un jour un t-shirt à l’effigie de Mao. Mais rapidement, le récit plonge dans une dystopie à la 1984 d’Orwell (ou « Nous autres », précurseur oublié du genre) et tout ceci devient bien moins amusant à lire. Le côté un peu absurde est vite rattrapé par la mécanique totalitaire du régime et finit par nous emporter jusqu’à la dernière page. Avec en prime le plaisir de reconnaître de nombreuses rues de Namur et de ses environs.

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